Nous sommes au mouillage à Tiercera, aux Acores. Encore quelques jours et nous rentrons à Lorient de notre voyage d un an. Je ne veux pas rentrer. Je ne veux pas retrouver la foule, le bruit et la vitesse de la vie. Je ne veux pas dormir dans un grand lit et avoir l’eau courante. Je veux continuer à vivre simplement (pieds nus et sans brassière) garder cette plénitude, ce bien-être. Je rentre résignée.
Un pied à terre et c’est décidé il me faut une perspective constructive. Un nouveau départ sans retour et soutout un grand tour d’aventure. Pour cela il faut de l’argent, des enfants sur le chemin de la vie, des navigations et un bateau bien préparé. Allez on se donne 4 ans!
A ce jour il en reste 3 ans (c’est long, que c’est long). Saison avril/septembre on s’entraine, saison octobre/mars on optimise et entretien le voilier.
Pourquoi partir ? Les réponses de Ségo
Mon numéro 1 : c’est vivre l’Aventure !
Avec Bruno, sur ce milieu liquide et imprévisible que sont les Oceans.
Puis vient l’aspect technique de la navigation, du matériel , du bricolage, de la météo, de la sécurité, le physique et les sciences -physiques. Gérer l’autonomie et l’énergie. La réglementation. La résolution de problèmes !
L’apprentissage constant, avec l’ésprit qui s’ouvre et s’apaise. Plus de solicitations inutiles (plus personne pour vous vendre une pergola) beaucoup moins de consommation et moins de certitudes.
La perspective du temps qui nous correspond et qui s’ouvre devant nous (un luxe). Un TDM en mode « voyage avec escales » prend beaucoup de temps. Il peut-être fragmenté avec des retours en France en laissant le bateau dans un port. C’est pour cela que certains navigateurs nous disent qu ils ont mis plus de huit ans. Pour info Thomas Pesquet faisait 16 fois le tour du monde par jour!
Naviguer c’est bon pour la santé, le soleil, le bruit de l’océan, l’entrainement qui améliore ma concentration. Je trouve aussi que l’on mange moins et mieux (vive la yaourtière) C’est sportif : on se gaine, on nage, énormement de mouvement de bras. Meilleur respiration car la vie est plus centrée sur l’essentiel…c’est un shoot de dopamine.
Le large, l’horizon, la nature sauvage, les lumières du levers de soleil. La biodiversité marine. Les oiseaux qui nagent et les poissons qui volent.
Coté psychologique : L’émerveillement, la rigueur, la persévérance et la capacité d’adaptation. Etre lent. Observer la vie. Retrouver la curiosité et l intêret des autres. Connaitre l’humilité. Developper son ingéniosité.
Pourquoi partir ? La réponse de Bruno
L’envie de voir de l’autre coté de la planète, dans le pacifique. Découvrir des endroits que j’ai lu dans des livres et qui m’ont fait réver. Mais je ne partirai pas sans Ségolène.
« Un voyage se passe de motif, il ne tarde pas à prouver qu’il suffit à lui-meme. On croit que l’on va faire un voyage mais bientôt c’est le voyage qui vous fait ou vous défait »
Nicolas Bouvier , L’usage du monde